Tous les CSE du groupe ATOS ont rendu leurs avis très négatifs sur les projets de PSE entre le 4 et le 5 février 2026.
Retournement de situation le mardi 10 février 2026 : la direction reconvoque les élus de l’UES Eviden pour présenter une version
corrigée de leur projet sur la base de conseils appuyés de la DRIEETS (l’inspection du travail) pour le rendre homologable.
En gros, l’examinateur restitue la copie à la Direction pour permettre de modifier certains éléments qui ne vont pas…
C’est tout simplement lunaire !
La connivence dérange. La CFE-CGC ATOS se désole du nouveau rôle joué par l’inspection du travail qui se fait au détriment de la sauvegarde des emplois et des conditions de travail des salariés.
Le matin même de ce nouveau CSE, à 7h01, la direction d’ATOS envoie donc une énième version du projet de PSE, modifié de manière substantielle.
La Direction d’ATOS présente les modifications aux élus en séance extraordinaire le jour même, et demande de rendre un nouvel avis dans la foulée, faisant fi des délais légaux et de l’absence d’expertise sur cette nouvelle version.
Difficile de rendre un avis éclairé dans ces conditions.
Les projets de PSE sont désormais tous entre les mains de la DRIEETS pour homologation.
Tout cela nous laisse un goût amer sur le respect de la procédure.
Rappel
Le 9 septembre 2025, la Direction d’ATOS a lancé un projet de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) touchant les périmètres des
UES Atos France, l’UES Eviden et Eviden International France.
Lors des négociations, les organisations syndicales ne sont pas parvenues à un accord concernant les catégories
professionnelles et les mesures d’accompagnement : la CFE-CGC a jugé les mesures d’accompagnement proposées très insuffisantes pour un groupe de l’envergure d’Atos et a surtout contesté la méthode de construction des catégories professionnelles, car elle cible des personnes identifiables et ne permet pas de réduire les départs contraints.
La procédure de consultation des instances
La CFE-CGC a pris part activement aux différentes réunions de CSE et met en avant quatre points critiques qui ressortent également des conclusions du cabinet d’expertise indépendant Aliquis
Une justification économique remise en cause
Le rapport d’expertise indique clairement que « la trajectoire économique de redressement prévue est atteignable même sans plan de licenciement ».
La direction d’ATOS a elle-même produit un business plan démontrant la possibilité d’un retour à la rentabilité sans suppression d’emplois.
Pour la CFE-CGC, ce PSE n’est pas une fatalité économique, mais un choix de gestion court-termiste, ayant pour but de
rassurer les financiers.
Une construction très contestable des catégories professionnelles
À l’occasion de ce PSE, la Direction d’ATOS a créé des Catégories Professionnelles, au sein desquelles des salariés pourront être désignés pour un départ contraint (après application de critères d’ordre).
La CFE-CGC a dénoncé la méthode de construction de ces catégories d’autant que les salariés y sont affectés de manière opaque.
De plus, les catégories créées mélangent des profils très hétérogènes, « allant du débutant au manager stratégique » (tous niveaux de GCM confondus), ce qui remet en cause le principe de « permutabilité », qui est pourtant la raison d’être des catégories professionnelles.
Cette approche, couplée à un ciblage géographique restreint par zone INSEE et une application de critères d’ordre par périmètre juridique, caractérise un ciblage de salariés de la part de la direction.
Un ciblage des salariés les plus vulnérables
Les données socio-démographiques du PSE révèlent une surreprésentation préoccupante de certains groupes de salariés : plus de 50 ans, forte ancienneté, femmes, personnes en situation de handicap, salariés insuffisamment formés…
Autrement dit : ceux qui auront le plus de difficultés à retrouver un emploi !
La CFE-CGC l’a déclaré en CSE : « Un PSE qui frappe en priorité les plus vulnérables est socialement injuste et moralement inacceptable. » …
Un volontariat réduit au minimum et des risques psychosociaux ignorés
La direction d’ATOS a retiré de la version finale de son projet des dispositifs, pourtant peu coûteux, comme la prime de volontariat, réduisant encore les chances de sauver des salariés dont le poste est ciblé par ce PSE.
Incompréhensible !!!
Par ailleurs, les risques psychosociaux (stress, charge de travail, syndrome du survivant …) n’ont pas fait l’objet d’une analyse sérieuse ni de mesures préventives adaptées.
Les remarques des élus sur ce sujet n’ont jamais été prises en compte par la direction et aucun plan post-transition solide n’a été proposé.
Inacceptable !!!
Face à ces constats, la CFE-CGC réitère sa demande d’abandon de ce projet de PSE, les différents CSE ayant émis des
avis défavorables. Si, malgré notre opposition, la DRIEETS devait homologuer ce PSE, la CFE-CGC se réserve le droit de le contester devant les tribunaux.
Notre syndicat restera pleinement mobilisé pour protéger vos emplois, défendre vos droits et soutenir chacun d’entre vous,
avant, pendant et après cette procédure.
La CFE-CGC , le syndicat du groupe ATOS / EVIDEN

